Le dollar s’assouplit après une inflation américaine modérée, tandis que le soutien de l’intervention s’estompe pour le yen
Le dollar s’est légèrement replié en début de séance asiatique vendredi, après une stabilité des prix à la production américains en juillet, qui a conforté les signes d’un reflux des pressions inflationnistes à court terme. Selon des cotations intrajournalières différées, l’indice du dollar (DXY) s’établissait à 99,91 à 2 h 06, heure de Paris, EUR/USD à 1,1536 à 3 h 31 et USD/JPY à 159,44 à 3 h 29. Les variations sont restées limitées : le DXY perdait 0,05 % par rapport à sa clôture précédente, l’euro gagnait 0,06 % et USD/JPY reculait de 0,04 %.
Ces faibles mouvements quotidiens recouvrent toutefois un débat monétaire plus marqué. Les données américaines plus modérées ont affaibli l’argument en faveur d’un nouveau relèvement imminent de la Réserve fédérale américaine (Fed), mais l’inflation des prix à la production toujours élevée sur un an ainsi que les tensions géopolitiques affectant les prix de l’énergie limitent le potentiel de baisse du dollar. Pour le yen, les anticipations de resserrement supplémentaire de la Banque du Japon (BoJ) se heurtent aux taux réels négatifs, aux pressions liées aux coûts d’importation et à l’atténuation de l’effet des récentes interventions. Les ventes au détail américaines, attendues plus tard vendredi, constitueront le prochain test de cet équilibre.
Situation actuelle du marché des changes
Un dollar légèrement plus faible après les prix à la production
Le dollar a abordé la séance asiatique sur une tonalité contrastée à légèrement plus faible, après la stabilité en juillet des prix à la production finale aux États-Unis. Reuters a indiqué que les contrats à terme sur les Fed funds faisaient ressortir une probabilité d’environ 35 % d’une hausse des taux en septembre, inférieure aux niveaux observés plus tôt dans la semaine.
Dans le même temps, les risques liés au marché pétrolier et au Moyen-Orient ont continué de soutenir la demande défensive de dollars. Ce contexte aide à expliquer pourquoi la réaction aux données d’inflation est restée mesurée plutôt que désordonnée.
L’euro a été le principal bénéficiaire parmi les trois marchés de référence, EUR/USD évoluant à 1,1536. Sa hausse de 0,06 % par rapport à la clôture précédente correspond à une modeste réduction du soutien perçu apporté par la politique américaine, plutôt qu’à un nouveau catalyseur en zone euro. Le DXY est resté proche de 100, ce qui souligne que les investisseurs n’ont pas délaissé la devise américaine alors que la prochaine décision de la Fed demeure incertaine.
Le yen se redresse légèrement sur la séance, mais recule sur la semaine
USD/JPY a légèrement baissé à 159,44 durant la fenêtre de référence asiatique, signalant une modeste appréciation quotidienne du yen. Ce mouvement ne remet toutefois pas en cause la tendance plus large.
Reuters a rapporté que le yen se dirigeait vers un recul hebdomadaire d’environ 1 %, son plus fort repli en trois mois, après avoir effacé près de la moitié des gains associés à l’intervention de la fin juillet et du début août. Le contraste entre le mouvement quotidien et la tendance hebdomadaire est important : le risque d’intervention peut modifier les positions à court terme, mais le contexte sous-jacent des rendements et de l’énergie continue de contraindre la devise japonaise.
Analyse du marché des changes
Des données d’inflation américaines qui réduisent l’argument en faveur d’une hausse proche des taux, sans supprimer le soutien au dollar
Les publications d’inflation de juillet ont envoyé un signal mensuel plus modéré. Les prix à la consommation ont progressé de 0,1 % sur un mois et de 3,4 % sur un an, tandis que l’indice des prix à la consommation sous-jacent a augmenté de 0,2 % sur un mois et de 2,5 % sur un an. Le rapport sur les prix à la production publié le lendemain a montré une stabilité de la demande finale sur un mois, les prix des biens reculant de 0,7 % et ceux des services augmentant de 0,2 %.
Ces données étayent l’idée que la récente accélération des pressions en amont ne se diffuse pas au même rythme. Le cadre monétaire demeure néanmoins restrictif et sujet à débat. La Fed a maintenu sa fourchette cible à 3,50 %-3,75 % le 29 juillet, trois membres votants ayant préféré une hausse de 25 points de base.
Noel Dixon, de State Street Global Markets, a déclaré à Reuters que les publications modérées des indices CPI et PPI renforçaient les arguments en faveur d’un statu quo de la Fed. Lloyd Chan, de MUFG, a apporté le contrepoint : un DXY proche de 100 et USD/JPY près de 160, malgré un PPI plus faible, montrent qu’une inflation persistante et la détermination de la Fed à combattre l’inflation continuent de soutenir le dollar.
La divergence porte moins sur le caractère plus modéré des données mensuelles de juillet que sur leur capacité à compenser une inflation annuelle durable et les risques énergétiques.
L’euro profite d’une réévaluation relative des anticipations américaines
L’appréciation de l’euro a surtout reflété la composante américaine de la paire. Une moindre probabilité de hausse des taux de la Fed à court terme réduit le soutien marginal des rendements au dollar, tandis que l’absence de surprise négative comparable en zone euro a permis à EUR/USD de progresser au-dessus de sa clôture précédente.
Cette hausse est toutefois restée limitée, car le débat américain sur la politique monétaire s’est déplacé vers un report plutôt que vers une trajectoire clairement orientée vers l’assouplissement. Les prochaines données d’activité de la zone euro et tout nouveau mouvement des prix de l’énergie pourraient rapidement modifier cette lecture relative des taux.
Le soutien de politique monétaire au yen se heurte aux pressions structurelles
La BoJ a maintenu son taux au jour le jour autour de 1,0 % le 31 juillet, par huit voix contre une. Le membre du conseil Hajime Takata préférait un taux de 1,25 %. Un résumé ultérieur des opinions a montré que certains participants à la réunion percevaient des risques liés à la faiblesse du yen, aux prix du pétrole et à la demande associée à l’intelligence artificielle. Certains estimaient également que le rythme des relèvements pourrait devenir plus rapide que ne l’anticipent les marchés.
Il s’agissait de vues individuelles exprimées lors de la réunion, et non d’un nouvel engagement du comité. ING estime qu’une communication modérément restrictive de la BoJ ne suffirait pas, à elle seule, à entraîner une appréciation durable du yen, les coûts énergétiques et la fonction de réaction de la Fed restant des déterminants plus puissants de USD/JPY.
L’évolution récente des cours est cohérente avec cette prudence. Reuters a fait état d’une intervention autour du mouvement de la fin juillet et du début août, mais les données mensuelles officielles japonaises sur les opérations, couvrant la période du 30 juillet au 26 août, ne doivent être publiées que le 28 août. L’ampleur officielle de l’opération reste donc indisponible et aucun montant officiel ne permet encore d’évaluer sa durabilité.
Graphiques clés du marché des changes
Instantané des principales devises
Cet instantané illustre l’étroitesse des derniers mouvements quotidiens. Le gain de 0,06 % de l’euro représente la plus forte variation parmi les trois marchés de référence, tandis que le DXY et USD/JPY n’ont que marginalement reculé. Le graphique utilise le sens de cotation propre à chaque marché : la légère baisse de USD/JPY correspond donc à un modeste gain du yen face au dollar.
Dynamique mensuelle de l’inflation CPI américaine
La dynamique mensuelle du CPI a été volatile en 2026, mais les progressions de 0,1 % pour l’indice global et de 0,2 % pour l’indice sous-jacent en juillet sont restées modérées par rapport au printemps. Le graphique montre aussi pourquoi une seule publication favorable n’est pas déterminante : l’inflation globale a fortement accéléré plus tôt dans l’année, tandis que l’inflation sous-jacente est restée positive chaque mois, à l’exception de la stabilité enregistrée en juin.
Conclusion
Le scénario immédiat sur le marché des changes est celui d’un repli contenu du dollar, plutôt que d’un retournement de tendance décisif. Les données CPI et PPI plus modérées ont réduit les anticipations de resserrement monétaire proche de la Fed, soutenant l’euro et permettant un modeste rebond du yen. L’inflation annuelle, les risques liés à l’énergie et les divergences au sein de la Fed maintiennent néanmoins un socle de soutien au dollar.
Au Japon, les anticipations de normalisation plus rapide et le retour du risque d’intervention peuvent provoquer des mouvements correctifs marqués. Le recul hebdomadaire du yen montre cependant que ces facteurs n’ont pas écarté les contraintes liées aux rendements et aux coûts d’importation.
Les ventes au détail américaines de juillet, prévues vendredi à 14 h 30, heure de Paris, constitueront la prochaine publication majeure. Une demande robuste relancerait la question de la durée pendant laquelle la Fed peut rester inchangée ; un résultat faible renforcerait les signaux, issus de l’emploi et de l’inflation mensuelle, d’un ralentissement de la dynamique américaine. Au-delà du calendrier, les prix du pétrole, les informations en provenance du Moyen-Orient et la communication officielle japonaise sur la politique de change restent les principaux risques non programmés.
Sources
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Banque du Japon : July 31 policy statement et Summary of Opinions ; Japan Ministry of Finance intervention-data schedule
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