Le dollar recule avant la décision de la Fed dans un contexte d’incertitude accrue
Le dollar américain a légèrement reculé mardi, les marchés évaluant le regain d’incertitude géopolitique, le ralentissement des embauches dans le secteur privé et une probabilité implicite d’environ 30 % que la Réserve fédérale américaine (Fed) relève ses taux en juillet. La décision du Comité fédéral de l’open market (FOMC) et la conférence de presse de son président, Kevin Warsh, constituent les principaux catalyseurs à court terme. Parallèlement, le volume croissant de dette publique américaine à court terme pourrait limiter la marge de manœuvre de la Fed.
Évolution récente du marché des changes
L’indice du dollar a terminé la séance de mardi en baisse de 0,11 %, à 101,25, après s’être redressé par rapport à son point bas intrajournalier. Le rendement de référence des emprunts d’État américains à dix ans a clôturé à 4,608 %, tandis que celui à deux ans, plus sensible aux anticipations relatives à la politique de la Fed, s’est établi à 4,293 %.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont brièvement montré des signes d’apaisement, mais le risque d’une reprise du conflit est resté élevé. L’affrontement entre les forces houthies et l’Arabie saoudite a renforcé l’incertitude.
La décision du FOMC au centre de l’attention
Les marchés attribuent une probabilité implicite d’environ 30 % à une hausse des taux de la Fed en juillet. L’encours des positions ouvertes sur les contrats à terme sur les fonds fédéraux a atteint un niveau record, ce qui souligne l’ampleur du positionnement avant la décision. Le texte source estime également que les marchés pourraient renforcer eux-mêmes leurs anticipations restrictives et que le dollar pourrait continuer d’attirer les acheteurs, à moins que Kevin Warsh ne s’oppose clairement à ces attentes.
Le FOMC doit annoncer sa décision sur les taux à 20 h 00, heure de Paris (18:00 UTC), avant la conférence de presse de Kevin Warsh consacrée à la politique monétaire à 20 h 30. Les marchés surveilleront non seulement une éventuelle modification des taux, mais aussi la manière dont la Fed décrira le retour des risques inflationnistes liés à l’énergie, le maintien éventuel de la possibilité d’une hausse en septembre et le degré d’inquiétude exprimé face à l’affaiblissement du marché du travail.
L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle de juin doit être publié à 14 h 30, heure de Paris (12:30 UTC), plus tard dans le calendrier des événements de la source. Les autres publications comprennent l’indice ZEW de confiance des investisseurs en Suisse pour juillet à 10 h 00 et les approbations de prêts hypothécaires au Royaume-Uni pour juin à 10 h 30, ces dernières étant exprimées en dizaines de milliers.
Les anticipations relatives aux banques centrales orientent les principales devises
La Banque du Japon (BoJ) devrait largement laisser sa politique inchangée cette semaine. Selon le texte source, un rebond durable du yen pourrait nécessiter des évolutions favorables à la fois du côté de la Fed et de la BoJ.
La livre sterling pourrait également connaître une volatilité accrue lors de l’annonce des dernières décisions de la Fed et de la Banque d’Angleterre (BoE). Les marchés s’attendent globalement à ce que les deux banques centrales maintiennent leurs taux inchangés, ce qui reporterait l’attention sur le contenu de leur communication et sur les conférences de presse suivantes. Toute modification inattendue des taux replacerait toutefois la décision elle-même au centre de l’attention.
La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu son taux de dépôt à 2,25 % la semaine dernière, mais son discours s’est révélé suffisamment restrictif pour que les marchés commencent à intégrer la possibilité d’une hausse de 25 points de base en septembre. Le texte source attribue une grande partie de cette fermeté aux prix de l’énergie, laissant les perspectives de l’euro sensibles à l’évolution de ces pressions inflationnistes.
L’offre de dette américaine à court terme produit des effets contradictoires sur le dollar
Le volume de la dette publique américaine à court terme a dépassé 8,3 billions de dollars, créant une pression de refinancement inhabituellement forte. Le texte source indique que le rendement des emprunts d’État américains à dix ans a atteint 4,7 %, tandis que les dépenses fédérales annualisées au titre des intérêts se sont élevées à 1,35 billion de dollars, soit un montant supérieur d’un quart aux dépenses de défense. Il précise également que les acheteurs étrangers ont continué de réduire leurs avoirs, alimentant les inquiétudes concernant la liquidité du marché des emprunts d’État américains.
L’expansion des émissions à court terme est présentée comme un facteur à double tranchant pour le dollar. À court terme, la poursuite des émissions pourrait faire monter les rendements, attirer les capitaux étrangers et, conjointement avec la demande de valeurs refuges, soutenir la devise. À plus long terme, l’encours de 8,3 billions de dollars de dette à court terme et la charge d’intérêts qui lui est associée pourraient affaiblir la confiance dans la dette publique américaine. Les anticipations d’une monétisation de la dette pourraient également éroder la crédibilité du dollar à long terme.
Perspectives du marché des changes : analyses des institutions et acteurs internationaux
Cette section rassemble les principales analyses du marché des changes formulées par des institutions financières internationales et des acteurs du marché. Les opinions ont été résumées et structurées par l’équipe de recherche de RYOEX à partir d’informations accessibles au public. La mention d’une institution ou d’une personne ne signifie pas que RYOEX la soutient ni qu’elle partage ses analyses.
Mohammed Taha Boukhari | Le ton de la Fed mettra à l’épreuve le rebond du dollar
Mohammed Taha Boukhari estime que la baisse du dollar en 2025 ne s’explique pas uniquement par la « dédollarisation ». L’incertitude entourant la politique tarifaire, les préoccupations relatives à la politique économique américaine, l’ampleur du déficit budgétaire et les interrogations sur la crédibilité des politiques publiques ont également pesé sur les actifs américains et le dollar. Le rebond actuel doit montrer si des facteurs cycliques plus favorables peuvent l’emporter sur ces préoccupations générales.
Dans un scénario haussier, la Fed devrait soit procéder à une hausse inattendue des taux, soit les maintenir tout en envoyant un signal fortement restrictif. Un nouveau renforcement des prix du pétrole et une hausse des rendements des emprunts d’État américains seraient également nécessaires. Dans ce scénario, un franchissement durable du seuil de 102 par l’indice du dollar confirmerait une dynamique haussière plus forte et ouvrirait la voie à un rebond plus large.
Le scénario central, jugé plus réaliste par Boukhari, prévoit que la Fed maintienne ses taux inchangés tout en conservant une orientation restrictive et en laissant ouverte la possibilité d’une hausse en septembre. Si le pétrole reste volatil mais inférieur aux sommets de la semaine dernière, l’indice du dollar pourrait évoluer dans une fourchette comprise entre 100,60 et 102,00, dans l’attente des prochaines statistiques sur l’inflation et l’économie.
Dans un scénario baissier, la Fed insisterait davantage sur le ralentissement de la croissance de l’emploi et sur la récente modération de l’inflation. Des progrès dans les négociations diplomatiques pourraient également faire baisser les prix du pétrole et les rendements des emprunts d’État américains. Un recul de l’indice du dollar sous la zone de 100,60-100,70 fragiliserait la structure du rebond actuel, tandis qu’un passage sous 100 accentuerait la pression sur la structure haussière générale.
Selon Boukhari, la réaction immédiate des rendements des emprunts d’État américains et de l’indice du dollar à proximité de la résistance située à 102 fournira l’indication la plus claire quant à la poursuite du rebond du dollar ou au maintien de la devise dans une fourchette plus large.
Kris Allen | Les réunions de la Fed et de la BoE pourraient accroître la volatilité du GBP/USD
Kris Allen s’attend à une augmentation de la volatilité de la livre sterling face au dollar (GBP/USD) autour des décisions de la Fed et de la BoE cette semaine. Si les deux banques centrales maintiennent leurs taux inchangés comme prévu, l’attention devrait rapidement se porter sur leurs déclarations et leurs conférences de presse. Une décision inattendue de l’une ou l’autre banque centrale replacerait au contraire la variation des taux au premier plan.
Du côté de la Fed, la résistance des données économiques et l’atténuation des pressions inflationnistes signifient que les responsables ne sont guère pressés de signaler clairement leur prochaine décision. La BoE fait face à un équilibre différent. L’inflation britannique a diminué et la croissance économique reste faible, mais le récent rebond des prix du pétrole a ravivé les inquiétudes concernant la vitesse à laquelle l’inflation pourrait repartir au second semestre.
Les anticipations centrales pour les deux réunions étant relativement stables, même de légères modifications du discours de politique monétaire pourraient changer la perception des investisseurs quant à la trajectoire des taux au cours des prochains mois.
Depuis la mi-juillet, le GBP/USD évolue dans un canal baissier clairement défini, formant des sommets et des creux de plus en plus bas. Allen décrit cette baisse comme ordonnée plutôt que sévère, ce qui suggère que les vendeurs gardent le contrôle sans que le marché ait connu les ventes de panique souvent associées à une rupture majeure.
La limite supérieure du canal reste le niveau central du cadre d’analyse d’Allen. Tant que la paire reste en dessous, la structure baissière à court terme demeure intacte. Un franchissement net de cette limite indiquerait que la structure commence à évoluer. Un passage sous le récent point bas pourrait signaler que les vendeurs cherchent à prolonger la baisse et remettre les zones de soutien à plus long terme au centre de l’attention.
James Stanley | Les anticipations restrictives placent la barre haut pour une nouvelle hausse du dollar
James Stanley relève un degré inhabituel d’hésitation avant la réunion du FOMC. Les marchés attribuent une probabilité implicite d’environ 30 % à une hausse immédiate des taux. Historiquement, la Fed a utilisé ses communications de politique monétaire et des entretiens accordés aux médias pour préparer les marchés aux décisions majeures, limitant ainsi les surprises et la volatilité. Selon Stanley, elle ne l’a toutefois pas fait cette fois-ci, ce qui pourrait provoquer une réaction relativement marquée du marché.
À l’horizon de la fin de l’année, les marchés évaluent à près de 90 % la probabilité que la Fed relève ses taux au moins une fois et à environ 50 % celle d’au moins deux hausses. Stanley note qu’un tel résultat donnerait l’impression qu’un président de la Fed personnellement choisi par le président Trump rejette la préférence de ce dernier pour des taux plus bas. Il souligne également le contexte politique d’une élection américaine en novembre.
Le dollar a franchi une résistance après la précédente réunion de la Fed, le 17 juin, avant de poursuivre sa progression jusqu’à ses sommets actuels. Cette performance place la barre haut pour de nouveaux gains. Stanley estime que la Fed devrait transmettre un message très restrictif et manifester une inquiétude claire quant à une inflation qui n’évoluerait pas dans la bonne direction pour que les marchés intègrent une trajectoire monétaire encore plus ferme.
La réunion de juin comprenait une actualisation des orientations de politique monétaire et des projections économiques. La prochaine réunion ne comportera qu’une déclaration de politique monétaire et une conférence de presse, sans nouvelles prévisions économiques, ce qui renforcera l’attention portée aux commentaires de Kevin Warsh. Après la décision de politique monétaire du mois dernier et la publication du résumé des projections économiques, l’indice du dollar a fortement progressé jusqu’à un nouveau sommet annuel, avant de rencontrer une résistance à proximité d’un niveau de Fibonacci situé autour de 101,80.
Selon Stanley, il suffirait que la Fed adopte un ton moins restrictif que prévu pour provoquer un repli du dollar. Il considère qu’une telle issue pourrait être préférable du point de vue de Warsh, notamment au regard de la situation de l’USD/JPY et de la réaction possible de la partie longue de la courbe des rendements des emprunts d’État américains en cas de perturbation du sentiment de marché. Stanley estime néanmoins que la structure haussière du dollar à court terme reste cohérente avec le contexte de plus long terme.
Joshua Gibson | Les anticipations de la BCE liées à l’énergie pourraient n’offrir qu’un soutien limité à l’euro
Joshua Gibson indique que la décision de la BCE de maintenir son taux de dépôt à 2,25 % s’est accompagnée d’un discours suffisamment restrictif pour que les marchés envisagent une hausse de 25 points de base en septembre. Il estime toutefois que presque toutes les composantes de cette orientation ferme découlent des prix de l’énergie.
L’inflation de la zone euro a ralenti à 2,8 % sur un an en juin, contre 3,2 % en mai. Les services de la BCE prévoient une inflation moyenne proche de 3,0 % en 2026, une projection presque entièrement portée par la composante énergétique.
Selon Gibson, la disparition de la prime liée à la guerre ferait baisser la prévision d’inflation et affaiblirait les anticipations d’une hausse des taux en septembre. Une diminution des coûts de l’énergie améliorerait les termes de l’échange de la zone euro, mais cet avantage s’accompagnerait d’une réduction de l’avantage en matière de taux d’intérêt, effet qu’il juge plus important.
L’évolution des anticipations de taux américains n’a pas été symétrique. Les contrats à terme sur les taux d’intérêt indiquent une probabilité légèrement supérieure à 30 % d’une hausse de la Fed en juillet, contre un peu moins de 36 % pendant le week-end. Dans le même temps, la probabilité cumulée d’au moins une hausse d’ici décembre reste supérieure à 91 %, tandis que celle de deux hausses ou plus avoisine 58 %. Les anticipations de hausse à court terme se sont donc modérées, mais les attentes concernant le niveau final du taux directeur se sont encore renforcées.
Gibson attribue cette résistance aux pressions inflationnistes structurelles aux États-Unis. Les prix à l’importation ont augmenté de plus de 7 % sur un an, la liste des droits de douane continue de s’allonger et la hausse des prix se transmet à l’alimentation et aux matières premières. Il estime que cette transmission dépend de décalages, notamment liés aux saisons de plantation, plutôt que des prix de l’essence. La paix dans le détroit d’Ormuz ne modifierait donc pas ces pressions, même si cette même évolution réduisait les arguments en faveur d’une hausse des taux de la BCE.
Les anticipations de croissance pèsent également sur l’euro dans l’analyse de Gibson. Les marchés prévoient une croissance d’environ 0,8 % dans la zone euro en 2026, contre un rythme de croissance annualisé d’environ 2,1 % aux États-Unis au deuxième trimestre. Il considère donc que les flux de capitaux et les écarts de taux d’intérêt vont dans la même direction. Au moins l’un de ces facteurs devrait s’améliorer avant que le bas de la fourchette de l’euro puisse être considéré comme une véritable base plutôt que comme une pause temporaire dans une baisse persistante.
Graphiques clés du marché des changes
Cette section présente des graphiques permettant de mieux comprendre les mouvements récents du marché des changes, en mettant l’accent sur l’évolution des anticipations de politique monétaire, des écarts de taux d’intérêt, des données économiques et du sentiment de marché. Les graphiques et les données reposent sur des informations fournies par des tiers et ne représentent pas l’opinion de RYOEX, pas plus qu’ils ne permettent de préjuger de l’évolution future des taux de change. Compte tenu du risque de fluctuations soudaines du marché, une gestion appropriée des risques demeure essentielle.
La moyenne sur quatre semaines des créations d’emplois ADP tombe à un plus bas historique
Les données publiées pendant la nuit ont montré que l’augmentation moyenne sur quatre semaines de l’emploi ADP n’était que de 15 000 au cours de la semaine achevée le 11 juillet. Cet indicateur recule depuis juin et a atteint son niveau le plus bas depuis le début de la série. La poursuite du ralentissement des embauches dans le secteur privé suggère qu’une hausse prochaine des taux de la Fed pourrait accentuer la pression sur un marché du travail déjà faible. Le texte source considère cette évolution comme négative pour le dollar.
La probabilité implicite d’une hausse des taux de la Fed en juillet recule à 30,5 %
Les marchés ont légèrement réduit leurs anticipations de hausse des taux après la publication des données sur l’emploi. Les données du CME ont montré que la probabilité implicite d’une hausse en juillet était tombée à 30,5 %. La source décrit ce niveau comme très incertain, car ni une hausse des taux ni leur maintien ne sont entièrement intégrés dans les cours. La volatilité pourrait donc être nettement supérieure à la normale lors de l’annonce du FOMC et de la conférence de presse de Kevin Warsh.
L’indice du dollar reste compris entre 101 et 102
L’indice du dollar a continué d’évoluer entre 101 et 102 cette semaine, les investisseurs évitant les prises de position agressives avant la décision de juillet du FOMC. Selon le texte source, une décision et une conférence de presse accommodantes pourraient offrir aux autorités japonaises une occasion d’intervenir sur le marché des changes, ce qui pourrait entraîner une forte baisse de l’USD/JPY. La source juge toutefois ce scénario moins probable, Kevin Warsh ayant précédemment déclaré qu’il tenterait d’éviter de fournir des indications prospectives.
La dette américaine à court terme dépasse 8,3 billions de dollars
Le graphique retrace l’évolution des titres du Trésor américain négociables, détenus par des acteurs privés et arrivant à échéance dans un délai d’un an, en billions de dollars. Leur montant total a dépassé 8,3 billions de dollars, créant une pression de refinancement concentrée. Selon le texte source, l’augmentation des émissions pourrait soutenir le dollar à court terme en faisant monter les rendements et en attirant les capitaux étrangers. La charge d’intérêts qui en découle et la diminution de la demande étrangère pourraient toutefois affaiblir à plus long terme la confiance dans la dette publique américaine et le dollar.
Conclusion
Le dollar a terminé en légère baisse avant une décision du FOMC pour laquelle les marchés attribuent une probabilité d’environ 30 % à une hausse des taux en juillet. Le ralentissement des embauches dans le secteur privé, l’incertitude géopolitique élevée et le nombre limité de signaux préalables fournis par la Fed maintiennent des perspectives incertaines.
L’ampleur des émissions de dette américaine à court terme pourrait soutenir le dollar par l’intermédiaire de rendements plus élevés, tout en soulevant des préoccupations de crédibilité à plus long terme. La déclaration du FOMC, la conférence de presse de Kevin Warsh, l’indice des prix PCE de juin ainsi que les signaux de politique monétaire de la BoE et de la BoJ constituent les principaux points d’attention à venir.
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