Accord nucléaire avec l'Arabie saoudite: la normalisation avec Israël devient une condition absolue
Le président américain Donald Trump a indiqué le 23 novembre que la normalisation des relations diplomatiques avec Israël serait une « condition absolue » pour l'accord nucléaire avec l'Arabie saoudite. Il a ainsi réclamé l'adhésion au « pacte d'Abraham », qui vise à encourager l'établissement de relations diplomatiques entre Israël et les pays arabes, rompant avec l'approche qui consistait jusqu'ici à traiter ces dossiers séparément.
Riyad reste prudent sur la normalisation
Jusqu'à présent, l'Arabie saoudite a maintenu qu'elle ne pourrait pas rejoindre les « accords d'Abraham » sans accord sur une feuille de route en vue de la création d'un État palestinien. La progression du sentiment anti-israélien après l'offensive sur Gaza en fait encore un obstacle élevé à la demande de normalisation des relations diplomatiques avec Israël. La mise en oeuvre de l'accord pourrait s'en trouver encore plus incertaine.
Accord nucléaire et négociations diplomatiques
L'administration américaine Trump a annoncé le 22 novembre avoir conclu avec l'Arabie saoudite un accord nucléaire à usage civil. Le texte prévoit que des entreprises américaines développeront des infrastructures nucléaires en Arabie saoudite. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé cette nouvelle condition lors d'une conférence de presse le 23 novembre. Elle a expliqué que M. Trump avait déclaré que « si l'Arabie saoudite n'adhère pas aux accords d'Abraham, cet accord sera annulé », ajoutant que les discussions avec la partie saoudienne se poursuivraient.
L'Arabie saoudite est devenue encore plus prudente sur la normalisation avec Israël depuis le début, en octobre 2023, du conflit entre Israël et l'organisation islamiste Hamas. L'offensive sur Gaza a aggravé le nombre de victimes palestiniennes et nourri rapidement le sentiment anti-israélien dans le pays. Au départ, l'administration américaine avait lié les discussions sur l'accord nucléaire aux accords d'Abraham, mais, face au changement de position de l'Arabie saoudite, elle les avait séparés après le lancement du deuxième mandat.
Des inquiétudes nucléaires en toile de fond
Le changement de cap de M. Trump semble lié aux réticences d'Israël, qui craint un programme nucléaire militaire saoudien, ainsi qu'à l'opposition de parlementaires républicains pro-israéliens. Le 23 novembre, M. Trump a insisté sur le fait que l'accord ne concernait que des « usages non militaires », mais l'Arabie saoudite a déjà évoqué par le passé la possibilité de développer des armes nucléaires.
Aux États-Unis, les accords nucléaires conclus avec d'autres pays doivent être examinés par le Congrès. Le débat sur l'accord pourrait donc s'enliser jusqu'à ce que les négociations sur les accords d'Abraham avec l'Arabie saoudite aient abouti.
Les perspectives de normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël restent faibles à ce stade. Selon un sondage publié en août 2025 par le Washington Institute for Near East Policy, 99 % des Saoudiens ont jugé qu'une « relation normale et la paix » avec Israël constitueraient une « régression » et non un « progrès ».
Des frustrations persistent également entre les deux pays. La déception est forte face à l'incapacité des États-Unis à contenir suffisamment l'action militaire israélienne à Gaza, et certains estiment aussi que Washington a privilégié les intérêts d'Israël face à l'Iran, au détriment de la sécurité du Golfe. L'Arabie saoudite a aussi légèrement ajusté sa stratégie iranienne et pourrait accorder davantage d'importance à ses relations de long terme avec Téhéran qu'à sa coopération avec Israël. En mai, il a été rapporté qu'elle avait commencé à consulter des pays concernés sur l'idée de conclure un « traité régional global de non-agression », incluant l'Iran.
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