Frappes américaines supplémentaires autour du détroit d’Ormuz, l’Iran laisse entendre une nouvelle fermeture
Deuxième jour consécutif de frappes, les attaques contre les navires marchands sont pointées du doigt
Le commandement central américain a indiqué sur les réseaux sociaux, le 8, avoir lancé des frappes aériennes supplémentaires contre l’Iran. L’objectif est de réduire sa capacité à menacer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Les attaques ont eu lieu pour le deuxième jour consécutif, Washington soulignant sa volonté de tenir l’Iran pour responsable des attaques contre les navires marchands. Téhéran a laissé entendre qu’il pourrait refermer le détroit, accentuant encore la confrontation.
Le président américain avertit d’une riposte
Après le début des frappes, le président américain Donald Trump a écrit sur son propre réseau social : 'Si l’Iran attaque davantage de navires marchands, il se passera quelque chose de pire'. Un responsable américain a expliqué à Reuters que les frappes du 8 seraient plus intenses que celles de la veille.
Le 8, M. Trump a déclaré lors d’une conférence de presse à Ankara, la capitale turque, que des attaques deux jours de suite 'pourraient' se produire. Il a affirmé que toute attaque contre des navires marchands serait 'repoussée avec dix fois plus de force' et a dit à propos d’une possible escalade des combats qu’elle se terminerait 'en un rien de temps'.
Des médias américains ont rapporté le 7 que l’Iran avait attaqué des navires marchands ayant emprunté la route maritime du côté du golfe d’Oman, dans le détroit d’Ormuz. En réponse, le commandement central américain a mené le même jour des frappes de représailles visant des vedettes iraniennes et des systèmes de défense aérienne, entre autres. L’échange de coups entre les deux pays se poursuit.
M. Trump a exprimé son mécontentement en disant : 'Ils ne savent pas comment conclure un accord. Ils tirent sur des bateaux toute la nuit. Je n’aime pas ça', avant de critiquer l’attitude de négociation de l’Iran en ajoutant : 'Ils sont un peu fous. Un peu détraqués.'
Il a souligné que l’objectif de la série d’actions militaires était de 'ne pas laisser l’Iran avoir l’arme nucléaire'. Un mémorandum de fin des combats conclu en juin montre que les positions des deux pays sur la question nucléaire restent éloignées, et les discussions visant un accord final n’ont, semble-t-il, guère progressé malgré plusieurs semaines d’échanges.
Auparavant, lors d’une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, M. Trump avait laissé entendre des attaques contre les infrastructures civiles iraniennes, comme les ponts et les centrales électriques. 'Nous les détruirions si nous devions le faire. Je ne veux pas le faire', a-t-il déclaré.
Il a également évoqué la possibilité de 'reprendre' les mesures de blocus des navires dans les ports iraniens, suspendues sur la base du mémorandum, précisant qu’elles ne viseraient que les navires iraniens. Les États-Unis ont expliqué que de telles mesures de blocage feraient cesser les exportations de pétrole iraniennes et porteraient atteinte à son économie.
L’Iran laisse entendre un nouveau blocage et une riposte au double
Par ailleurs, la télévision publique iranienne en anglais Press TV a rapporté le 8, citant des sources informées, que l’Iran comptait refermer le détroit d’Ormuz si les États-Unis menaient de nouvelles attaques.
Selon ce reportage, l’Iran est prêt, en cas d’attaque, à fermer complètement le détroit d’Ormuz. Il a aussi annoncé une riposte 'au double', affirmant que pour chaque site iranien frappé, au moins deux sites américains seraient attaqués.
L’Iran n’entend pas revenir sur sa position concernant la gestion du détroit d’Ormuz et estime que seules les routes maritimes qu’il désigne sont autorisées. Depuis au moins début avril, il maintient qu’il n’autorisera pas la navigation en dehors des couloirs qu’il a définis.
Début avril, les Gardiens de la révolution ont publié une carte classant près de la moitié sud du détroit d’Ormuz comme 'zone dangereuse' où toute navigation est interdite. Ils ont également demandé d’obtenir une autorisation pour emprunter le couloir nord désigné par l’Iran.
Ils ont aussi affirmé pouvoir percevoir des 'frais de service' pour la gestion de la navigation et créé une 'Autorité du détroit du golfe Persique' pour administrer le détroit d’Ormuz. Les navires souhaitant y transiter doivent également déposer une demande détaillée indiquant leur cargaison, leur destination et leur propriétaire, entre autres informations.
L’Iran chercherait à l’avenir à percevoir de facto un droit de passage et devrait, selon toute probabilité, continuer à résister aux mouvements américains qui menacent cet objectif.
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