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La Cour suprême confirme l’ordre de dissolution de l’ancienne Église de l’unification et rejette le pourvoi exceptionnel

La Cour suprême rejette le pourvoi exceptionnel contre l’ordre de dissolution de l’ancienne Église de l’unification

La troisième petite chambre de la Cour suprême, présidée par la juge Eriko Watanabe, a confirmé d’ici au 23 la décision de la Haute Cour de Tokyo ordonnant, sur le fondement de la loi sur les corporations religieuses, la dissolution de la Fédération des familles pour la paix et l’unification mondiale, anciennement Église de l’unification, et a rejeté le pourvoi exceptionnel formé par le groupe religieux.

Décision fondée sur les préjudices liés aux sollicitations de dons importants

Au regard de l’ampleur, de la gravité et du caractère organisé des préjudices causés par les sollicitations de dons importants menées par le groupe, la Cour a jugé que l’ordre de dissolution était 'nécessaire et inévitable'. Elle a estimé qu’il ne contrevenait pas non plus à l’article 20 de la Constitution, qui garantit la liberté de religion, et l’ensemble de la procédure judiciaire a pris fin.

L’effet de l’ordre de dissolution est né avec la décision de la Haute Cour de Tokyo en mars, et la procédure de liquidation menée par un liquidateur déjà désigné par le tribunal a commencé. Avec la décision rendue par la Cour suprême, le groupe n’a plus aucun moyen de conserver sa personnalité juridique de corporation religieuse.

La dissolution pour violation de la loi constitue le troisième cas après Aum Shinrikyo et Myokakuji, dans la préfecture de Wakayama. Les deux précédents concernaient des organisations dont les dirigeants avaient commis des infractions pénales, et c’est la première fois qu’une faute civile au sens du code civil sert de fondement.

Examen de l’incidence sur les activités religieuses

Dans le cadre de l’examen du pourvoi exceptionnel, le groupe avait soutenu que l’ordre de dissolution le priverait de biens tels que ses lieux de culte et de réunion, et que, si tous ses employés étaient licenciés, il ne pourrait plus exercer d’activités religieuses. Il avait également fait valoir que la décision de la Haute Cour, qui estimait qu’il existait un risque de poursuite d’actes illicites sans base concrète, violait notamment l’article 20 de la Constitution.

Dans les motifs de sa décision, la troisième petite chambre a relevé que l’ordre de dissolution n’emporte pas d’effet juridique interdisant ou restreignant les actes religieux des fidèles, mais qu’il peut en revanche porter atteinte aux activités religieuses par le biais, par exemple, de la cession des lieux de culte. Elle a ajouté qu’il fallait 'avoir à l’esprit l’importance de la liberté de religion et procéder à un examen prudent'.

Cependant, compte tenu de l’ampleur, de la gravité et du caractère organisé des préjudices reconnus par la Haute Cour, les sollicitations de dons du groupe relevaient manifestement des conditions de dissolution prévues par la loi sur les corporations religieuses. Elle a aussi estimé que l’atteinte portée aux actes religieux par la dissolution 'ne se limite qu’à des effets indirects et de fait liés à l’ordre' et qu’elle n’empêche pas la poursuite de l’existence du groupe en tant qu’organisation religieuse.

En prenant également en compte les incidences psychologiques et religieuses sur le groupe et ses fidèles, la Cour a conclu que l’ordre de dissolution était 'nécessaire et inévitable pour répondre aux agissements du groupe'. La décision a été prise à l’unanimité des quatre juges, et la juge Masami Okino, issue du monde universitaire, n’a pas participé à l’examen.

Le problème s’est révélé à la suite de la fusillade

Le problème lié aux dons du groupe s’est révélé à la suite de la fusillade contre l’ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022. Le gouvernement a engagé une enquête en exerçant pour la première fois le droit d’interrogation prévu par la loi sur les corporations religieuses, puis a demandé en octobre 2023 au tribunal de district de Tokyo l’émission d’un ordre de dissolution.

En mars 2025, le tribunal de district de Tokyo a jugé que les fautes civiles liées aux sollicitations de dons constituaient une 'violation de la loi' au sens des conditions de dissolution et a ordonné la dissolution. La Haute Cour de Tokyo l’a confirmé en mars cette année. Le groupe a contesté cette décision et formé notamment un pourvoi exceptionnel devant la Cour suprême.

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