Les États-Unis et l'Iran se rapprochent de la signature d'un accord de cessation des combats, mais des points clés demeurent
Les États-Unis et l'Iran se rapprochent de la signature d'un accord visant à mettre fin aux combats. Le président américain Donald Trump a publié sur les réseaux sociaux, dans l'après-midi du 13, qu'une signature était prévue le lendemain. Toutefois, des divergences de perception entre les deux parties pourraient encore subsister sur le traitement du détroit d'Ormuz et la question nucléaire.
Trois points de contentieux
Jusqu'à présent, les négociations ont porté principalement sur trois points : le détroit d'Ormuz, le programme nucléaire iranien et les contreparties économiques pour l'Iran. Au sujet du détroit d'Ormuz, M. Trump a expliqué que, dès la signature de l'accord, celui-ci serait immédiatement 'ouvert à tout le monde'. Selon un haut responsable américain, la navigation reprendrait aussitôt et le blocus maritime exercé par l'armée américaine contre l'Iran serait levé simultanément. En revanche, Washington ne compte pas autoriser la perception de droits de passage par l'Iran.
Un écart avec la position iranienne
En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a maintenu le 12 la position traditionnelle de Téhéran, selon laquelle des 'frais de service' seraient perçus dans le détroit d'Ormuz et celui-ci serait géré conjointement avec Oman. Cela a été rapporté par les médias locaux. Même si la navigation reprend après un accord, l'Iran conserverait une marge pour percevoir des frais sous une autre appellation. Des inquiétudes existent quant à un retour à la liberté de navigation sans droits de passage, telle qu'elle existait avant les frappes menées fin février par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
Question nucléaire et conditions économiques
Sur le nucléaire aussi, les perceptions divergent. M. Trump a souligné que l'accord qu'il cherche à obtenir constituerait une 'barrière contre l'arme nucléaire' et a déclaré : 'En réalité, ils ne veulent plus d'armes nucléaires et ils n'en détiendront pas, que ce soit par importation, développement ou par tout autre moyen.' Comme moyen, il a indiqué que l'uranium hautement enrichi restant en Iran serait dilué ou retiré 'au moment opportun, quand tout sera calmé'. Washington a expliqué que le document d'accord inclurait l'abandon du programme nucléaire iranien et la renonciation à l'uranium enrichi, tout en précisant que les détails seraient finalisés lors de discussions techniques après la signature.
La position iranienne, en revanche, reste floue. M. Araghchi a indiqué que l'accord se déroulerait en deux étapes et que la question nucléaire ne serait pas abordée lors de la première. Il existe un risque de divergence entre les États-Unis et l'Iran sur la manière dont la question nucléaire sera positionnée dans le 'document d'accord' que les deux pays cherchent actuellement à signer.
Les États-Unis accordent une grande importance aux conditions économiques. L'Iran demande la libération des avoirs gelés et la levée des sanctions, y compris l'embargo. M. Araghchi a estimé que les avoirs gelés et les sanctions étaient également inclus dans le document d'accord. Côté américain, les contreparties économiques sont considérées comme le principal levier pour inciter l'Iran à respecter l'accord sur la question nucléaire. M. Trump a déclaré que, si les actions de l'Iran étaient confirmées sur le dossier nucléaire, le pays serait 'libéré de la pression économique'. Un haut responsable américain a précisé qu'aucun avantage économique ne serait accordé au moment de la signature et qu'un calendrier de levée progressive des sanctions serait mis en place en fonction de la mise en œuvre.
Mettre en scène un succès intérieur
Au sujet de cet accord, M. Trump insiste sur le fait qu'il est 'à l'exact opposé' de l'accord nucléaire de 2015 mené par l'ancien président Barack Obama. S'il parvient à le signer, il semble vouloir faire valoir, à l'intérieur du pays, qu'il a conclu, après une vaste frappe contre l'Iran, un accord meilleur que le cadre précédent. À l'approche des élections de mi-mandat de novembre, il cherche à le présenter comme un bilan pour son administration.
Du côté iranien aussi, les autorités veillent à ne pas donner l'impression d'avoir concédé quoi que ce soit aux États-Unis. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré le 13 que la signature n'aurait pas lieu le 14, tout en ajoutant qu'elle pourrait intervenir 'dans les prochains jours', sans préciser de date. Reuters a rapporté le 14, citant une source informée, qu'une délégation du Qatar, médiatrice dans le dossier, s'était rendue à Téhéran, la capitale iranienne. Cette démarche s'inscrirait dans les efforts visant à parvenir à un accord entre les États-Unis et l'Iran.
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