Décret sur la sécurité de l’IA : Trump reporte sa signature, citant la concurrence avec la Chine
Le président américain Donald Trump a reporté, le 21, la signature d’un décret sur des mesures de sécurité liées à l’intelligence artificielle (IA) de pointe. Il a expliqué avoir des points qu’il 'n’aimait pas' dans le contenu.
Report autour des mesures de sécurité sur l’IA
Selon les sites d’information américains Axios et Politico, l’administration envisageait de mettre en place un mécanisme de vérification des modèles d’IA avancés avant leur publication. Le dispositif prévoyait des soumissions volontaires de la part des entreprises de développement de l’IA, afin que le gouvernement américain et les opérateurs d’infrastructures critiques puissent examiner les préoccupations de cybersécurité.
Trump devait signer ce texte dans l’après-midi du 21, en présence notamment de directeurs généraux (CEO) de grands groupes spécialisés dans l’IA, mais il a finalement renoncé à le faire. Devant les journalistes, il a déclaré : 'Cela nous empêcherait de devancer la Chine et d’autres pays dans la technologie de l’IA. Je ne veux pas faire cela.'
Trump a souligné que l’IA 'créait des emplois à une échelle sans précédent' et a déclaré avoir 'vraiment pensé' que l’introduction de règles pourrait 'faire obstacle à cela'.
Une ligne réglementaire fluctuante au sein de l’administration
Peu après son entrée en fonction, l’administration Trump a annulé la politique sur l’IA de l’administration précédente et a affiché une orientation visant à renforcer la compétitivité des entreprises américaines de l’IA par un assouplissement de la réglementation. Par la suite, au cours de cette année, elle a progressivement ajusté sa ligne, après l’émergence de 'Claude Mythos' d’Anthropic.
Trump lui-même semble hésiter entre compétitivité de l’IA et sécurité. Dans une interview diffusée le 15 sur Fox News, alors que les États-Unis affrontent la Chine dans une rude bataille pour la suprématie technologique, il a déclaré qu'il était 'difficile de mettre en place des garde-fous tout en restant en compétition', tout en ajoutant que 'certains garde-fous sont nécessaires'.
Pression croissante en faveur d’une réglementation parmi ses soutiens
L’administration doit aussi garder un œil sur les élections de mi-mandat de novembre. Dans l’électorat de soutien appelé MAGA (Make America Great Again, 'Rendre sa grandeur à l’Amérique'), le sentiment anti-IA se renforce.
Steve Bannon, ancien conseiller stratégique en chef lors du premier mandat de Trump et toujours considéré comme proche de lui, a envoyé le 15 une lettre appelant à imposer aux entreprises de l’IA des inspections obligatoires avant le lancement de leurs produits.
M. Bannon et ses alliés ont affirmé qu'aucune entreprise privée ne devait 'avoir le droit de rendre publique, de manière unilatérale, une technologie ayant un impact profond sur la sécurité nationale, sans évaluation ni mesures de sécurité'. Ils ont ajouté que 'America First' signifie donner la priorité à la sécurité et à la liberté du peuple américain plutôt qu’aux intérêts des entreprises d’élite et des globalistes.
Les entreprises de l’IA favorables à certaines règles
Plusieurs enquêtes menées aux États-Unis montrent elles aussi une montée des inquiétudes face à l’IA. Dans une étude publiée en avril par Stanford, environ 60 % des Américains non spécialistes de l’IA prévoyaient que l’IA réduirait l’emploi au cours des 20 prochaines années. Un sondage d’opinion destiné à la génération Z, publié en avril par Gallup, a également montré que les sentiments positifs à l’égard de l’IA avaient reculé par rapport à l’année précédente, tandis que la 'colère' avait fortement augmenté.
Du côté des entreprises d’IA, soucieuses d’une diffusion désordonnée de leurs technologies, certaines voix appellent aussi à une réglementation. Anthropic soutient la règle entrée en vigueur l’an dernier en Californie, dans l’ouest des États-Unis, qui oblige les entreprises d’IA à élaborer des mesures de sécurité et à divulguer certaines informations.
Il n’en reste pas moins que la politique sur l’IA doit arbitrer plusieurs intérêts, et certains soulignent qu’il manque à la Maison Blanche des personnels et des fonctions capables de la piloter. Trump fait face à des défis que sa seule autorité ne peut pas résoudre.
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